Premier transfert

2018 – Année du chien

De Singapour, la ville du futur, à Tekek, la petite préfecture de l’île de Tioman en Malaisie à 50 km des côtes, notre premier transfert reflète le contraste permanent dans une Asie qui oscille entre modernité et tradition. Ce premier transfert nous donnera le rythme pour les transferts suivants, nombreux, que nous ferons en Asie. Nous l’avons prévu relativement court et nous avions réservé la majorité des tickets (bus et ferry). Après 6 jours passés dans la trépidante ville de Singapour, nous voilà déjà en route vers le second pays de nos destinations : la Malaisie. Nous aurions pu rester plusieurs semaines de plus à Singapour tant les activités possibles dans ce petit territoire sont nombreuses, mais l’appel du voyage et la raison dictée par notre budget nous poussent au départ.

Notre hôte singapourien qui devait faire des courses en Malaisie en prévision des festivités du nouvel an chinois, nous a proposé de nous accompagner jusqu’à Johor Bahru, la ville malaise frontalière de Singapour où nous devons prendre notre bus. Nous avons accepté avec plaisir, cela nous évitera bien des changements dans les transports en commun.

Pour la majorité des singapouriens, le dimanche est le seul jour de repos de la semaine et c’est celui qu’ils utilisent pour aller se ravitailler en Malaisie où le coût de la vie est nettement moins cher. Notre hôte nous explique qu’il nous faut donc partir très tôt pour éviter de longues heures d’attente à la frontière, incompatibles avec notre horaire de ferry. Décision est prise de partir à 6h00 du matin

Une longue journée

5:00 le réveil sonne encore plus tôt ce matin pour nos organismes toujours pas bien habitués au fuseau horaire. Il est 22h00 en France

6:00 Nous sommes prêts, mais Tony n’est toujours pas levé. Lui qui était si inquiet de rester coincé dans les embouteillages semble ne plus s’en souvenir.

6 :15 Lever de Tony et surprise, son fils ainé viendra avec nous. C’est une bonne surprise car nous nous sommes liés d’amitié avec ce garçon très gentil qui parle un anglais impeccable (en plus du chinois) et qui s’est intéressé à nous et à notre voyage. Plus tard, il voudrait bien habiter en France parce que les maisons sont grandes et qu’il a beaucoup de place, mais il ne sait pas s’il pourra s’habituer au froid. Il faut dire qu’il trouve qu’il fait froid dans notre chambre où règne un doux 21°C grâce à l’air conditionné !

6h40 Départ pour la Malaisie à travers les grandes avenues bien droites de Singapour. Il faut savoir que la majorité des bâtiments de cette ville ont moins de 40 ans et ceux de notre quartier à peine 20. Toute cette ville de près de 6 millions d’habitants n’existait pas à ma naissance, et les autorités singapouriennes continuent d’œuvrer pour attirer toujours plus d’habitants.

6h50 Nous rattrapons l’autoroute, étrangement fluide. Même les webcams de Tony, en direct sur son téléphone portable dernier cri, ne diffusent que des images paisibles d’un poste frontière qui s’éveille.

7h15 Nous arrivons en vue du pont qui assure la frontière entre Singapour et la Malaisie. En quelques minutes, l’autoroute s’est remplie au point que toutes les voitures que nous dépassons sont à l’arrêt. Des heures de queues attendent les prétendants au passage de la frontière. Grâce au van de Tony, nous roulons sur la voie réservée au bus qui ne charrie que des bus bleus de travailleurs malais, principalement des femmes, qui rentrent chez eux après une nuit de services (ménage, gardiennage, entretien…) dans les bâtiments de Singapour.

7h30 Premier arrêt du bus pour accéder au poste frontière singapourien. Accès en escalator, comme partout ailleurs à Singapour et salle climatisée pour présenter nos passeports. Après quelques (longues) secondes de perplexité, nous retrouvons dans une poche les talons du document qui s’avéraient être un visa et qui nous avaient été remis à l’aéroport lors de notre entrée à Singapour. Dans l’euphorie, nous n’avions pas mesuré l’importance du document ! Après une ou deux phrases échangées avec les officiers, nous convenons que je ressemble à Eric Cantona, probablement le seul français barbu célèbre qu’ils connaissent et nous nous quittons avec le sourire. NB : ne jamais contredire un douanier lors du passage d’une frontière !

7h45 Retour dans le minibus pour en redescendre quelques minutes plus tard pour les contrôles malais. Terry Tan nous accompagne et galope devant nous. Il est fier de nous montrer qu’il vient très souvent en Malaise et nous montre son passeport, couvert de tampons d’entrée/sortie entre les deux pays. De ce côté de la frontière, ni escalator, ni climatisation : nous arrivons en Malaisie. Terry nous indique le chemin et nous fait gagner un temps considérable.

8h10 A peine le temps de changer les dollars singapourien qu’il nous reste en ringgits et nous voilà de retour dans le van de Tony qui s’engouffre dans la circulation chaotique de Johor Bahru, la capitale de l’Etat de Johor 800 000 habitants, en direction du petit déjeuner.

Chinese Breakfast

8h30 Après avoir peiné pour trouver une place de stationnement, nous pénétrons dans une gargote au toit de tôle ondulée, caractéristique des restaurants en Asie. Il fait au moins 35°C, les ventilateurs tournent à pleine puissance et les tables sont bondées. Les convives attablés sont tous chinois et personne ne semble parler anglais. Comme s’est souvent le cas dans ce genre de situation, les serveuses se tournent vers Sophy pour lui parler et s’essaient à plusieurs langues, en vain. Tony n’est pas bien loin et passe commande pour tout le monde dans l’un des stands que nous n’aurions probablement pas choisi 😉 Martin commande des pâtes avec du porc sauté, sans sauce et sans piment, malgré l’insistance de la cuisinière pour goûter l’assaisonnement proposé. Et bien sûr ce sera café au lait pour tout le monde pour arroser tout çà.

10h00 Tony reçoit un appel de son épouse qui lui annonce que nous avons oublié les chapeaux des enfants sur le canapé en partant ce matin. Aïe, sans chapeau en Malaisie, pas de plage ni de sortie possible, même si nous ne sommes que début février, il faut imaginer le soleil comme en juillet dans le sud de l’Italie! Après quelques achats pour Tony et des biscuits pour notre trajet, nous voici rendus à la gare routière de Johor. Le temps est venu de faire nos chaleureux adieux à nos hôtes et accompagnateurs singapouriens. Une photo, une poignée de main et puis s’en va. Nous voilà seuls en Malaisie. Nous échangeons nos billets électroniques contre les contremarques indispensables pour rejoindre notre autobus. Finalement, nous avons deux heures d’avance, ce qui nous permet de trouver de nouveaux chapeaux pour les enfants. Ouf 🙂

12h15 Nous accédons aux quais. Cette gare routière est plus grande que la gare de Lyon ! On nous indique le quai D17, mais nous trouverons finalement notre bus sur le quai D13… qu’importe nous sommes dedans. Prochain objectif : Mersing et l’unique ferry qui rejoint l’île de Tioman aujourd’hui.

15h00 Nous arrivons en vue de Mersing, toujours dans l’Etat de Johor. Cette ville côtière est un petit port de pêche et l’un des deux seuls points d’accès à l’île de Tioman notre destination finale. Elle est surtout beaucoup plus calme que Johor Bahru. Le vent s’est levé, ce qui n’est pas rassurant pour le bateau, et il a chassé les nuages du matin. C’est donc sous un soleil de plomb que nous nous rendons de la gare routière à l’embarcadère. Le tour du Monde c’est aussi savoir porter son sac à dos en toutes circonstances et les garçons sont courageux. Nous ne mettrons qu’une vingtaine de minutes pour faire le gros kilomètre à pied séparant les deux moyens de transport.

Le paradis, ça se mérite

15h30 Pause restauration et recherche des guichets qui n’ouvrent que vers 16h30. Après trois files d’attente successives, nous obtenons nos cartes d’embarquement et accédons au bateau, passagers et marchandises s’entassent jusqu’à débord dans le bateau.

18h15 C’est le départ du ferry, presqu’à l’heure. Le vent n’a pas faiblit et la traversée sera agitée. Sophy gère bien son mal de mer et les garçons apprécient la traversée, même si la mer agitée et la nuit tombante ne nous permettent que peu de profiter du paysage.

20h15 Le ferry débarque des dizaines de passagers dans une joyeuse pagaille sur un quai sans lumière. Il faut pratiquement sauter du bateau sur l’escalier et les valises des uns sont balancées sur les sacs des autres. Nous retrouvons assez rapidement nos sacs à dos à la lueur des torches des téléphones des passagers et nous remontons le ponton dans les premiers. Reste à trouver notre hôtel dans la nuit de l’île de Tioman.

20h30 Nous marchons depuis une quinzaine de minutes en demandant notre direction de temps en temps pour plus de certitude. Les malais sont accueillants et les enfants courageux. Sophy prend conscience de notre tour du Monde : nous marchons en file indienne sur le bord d’une route, de nuit, sur une île inconnue à la recherche de notre hôtel. Nous nous arrêtons dans une supérette acheter de l’eau et quelques encas. Des dizaines de deux-roues nous dépassent quand nous apercevons enfin l’enseigne de notre hôtel.

21h00 Après près de quinze heures de transfert, c’est l’arrivée à l’hôtel –Swiss Cottage Tioman– et la découverte de notre chambre pour 5 jours. L’endroit semble magnifique et se confirmera comme tel ! Nous sommes sur une ile souvent décrite comme paradisiaque et le paradis ça se mérite !

 

 

 

7 Replies to “Premier transfert”

  1. Vidal

    Mon humble trajet du soir entre le travail et la maison s’est régalé du récit de votre transfert . Fabuleux ! Et mille merci . Bon courage ?

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    • FranckFranck Auteur de l'article

      Bonsoir et merci de suivre nos aventures. Nouveau jour, nouveau trajet: un taxi qui n’arrive jamais ce matin, un autre taxi choppé au hasard dans les rues de Malacca puis deux bus et nous voilà 9 heures plus tard et 1450 mètres plus haut, arrivés dans notre point de chute pour la semaine Tanah Rata, toujours en Malaisie. Randonnées et dégustations de thé à suivre. A bientôt

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  2. GinetteGinette

    Vous l’avez bien mérité votre paradis ! Bravo aux garçons qui ont su faire preuve de courage !
    Profitez bien de cette île merveilleuse

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  3. Lanson

    Bonjour à tous les 4
    C est Emma (LANSON) , classe de CE1!
    Avec mes parents, on vient de lire tes aventures Robin. Quelle chance de pouvoir parcourir le monde et de découvrir d autres cultures!!
    Bon anniversaire, en retard.
    Envoie-nous plein d autres photos …

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    • RobinRobin

      Bonjour Emma, j’espère que tu vas bien. ici ça va. merci de lire nos aventures. j’en posterai d’autres bientôt en Malaisie. Robin

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  4. Martin

    Salut le King (surnom de Cantona en Angleterre ☺️) je pense que le douanier t’a confondu pour ton côté poète comme Cantona ?
    Trêve de plaisanterie sympa les chapeaux au moins Robin et Martin peuvent faire du camouflage dans la jungle
    Pas trop dur la marche de nuit, je pense qu’arriver à l’hôtel on apprecie
    Bon continuation
    Fred

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