Un dimanche de champions du Monde à Seattle

Après une courte nuit de sommeil à l’auberge de jeunesse du centre ville de Seattle, nous descendons prendre un rapide petit déjeuner et surtout une bonne place sur le canapé, face à la télévision. La salle est petite et les places sont chères pour regarder la finale de la coupe du Monde qui débute à 8h00, décalage horaire oblige. Les joueurs de l’équipe de France arriveront ils à devenir champions du monde vingt ans après?

Le match commence et la salle se remplit. Très vite, nous sommes une bonne trentaine dans cette salle de moins de 15 m² et au moins le double qui regarde par la porte grande ouverte et derrière la baie vitrée. Les américains sont très friands d’évènements sportifs télévisés et ce n’est donc qu’une demi-surprise de nous trouver aussi nombreux en cette heure matinale. Trois français sont avec nous, le reste de la salle, dont deux jeunes femmes belges revanchardes, n’aura de cesse d’applaudir les actions croates, en ignorant la majorité des règles et probablement où se trouve la Croatie sur le globe ?

Le premier but français nous permet de souffler un peu et de discuter avec notre voisin, français. Les deux jeunes belges se sont trouvées des copines américaines et discutent très fort dans cette petite salle, à grand renfort d’adjectifs comme amazing (étonnant) ou awesome (génial), tous les trois mots d’une conversation qui ne porte plus sur le football depuis longtemps. Quelques buts plus tard, nous voilà champions du Monde pour la seconde fois. Ils l’ont fait. 4 à 2 score final. La salle se vide et nous ne sommes plus que huit dans la salle quand Hugo Lloris brandit la coupe.

C’est en champions du Monde que nous attaquons donc notre visite de la plus grande ville de l’état de Washington, au Nord-Ouest des États-Unis. L’euphorie de la victoire n’est pas encore éteinte et les garçons nous interprètent la danse de la victoire, tirée du jeu vidéo Fortnite. Alors que nous nous dirigeons vers le centre-ville, nous sommes abordé par un chef d’entreprise d’origine Serbe qui nous a entendu parler français. Lui même parle un excellent français et nous félicite pour la victoire du jour. Il nous donne quelques conseils pour visiter la ville, et nous voilà repartis en direction de l’embarcadère.

Nous prenons le ferry pour une traversée de la baie Elliott, 35 minutes en direction de Bainbridge Island. Comme partout en Amérique du Nord, les voyageurs sont invités à passer le temps à la cafétéria pour se nourrir d’encas en tout genre et surtout pas très équilibrés. Deux passagers allemands nous félicitent pour la victoire française. Nous avalons deux sandwichs et une portion de frites pour nous quatre puis nous profitons du beau temps sur le pont en attendant de débarquer.

Bainbridge Island – Michael Birawer – www.michaelbirawer.com

Nous ne passerons seulement que quelques heures sur cette île agréable. Notre objectif était surtout de traverser la baie et de profiter de la vue sur Seattle. A peine revenus sur le continent, nous longeons les quais aménagés pour les touristes, un peu comme à San Francisco. Les commerces de bouche se succèdent, entrecoupés par des attractions pour les enfants: difficile pour le porte monnaie! Nous croisons des touristes qui nous félicitent à nouveau pour la victoire de l’équipe de France. Il faut dire que les garçons sont habillés avec des shorts et des gilets de l’équipe de France. Tout au long de notre voyage, ces tenues nous ont été très utiles pour les repérer plus facilement dans la foule, mais aujourd’hui est un jour particulier. Si on ajoute à cela qu’ils entonnent avec leur père « On est les champions… » toutes les cinq minutes environ, tout le monde comprendra que nous ne passons pas inaperçus.

Nous arrivons au fameux Pike Place Market, l’un des plus vieux marchés de producteurs d’Amérique du Nord. Nous croisons de nombreux touristes devant les étals des poissonniers et des fleuristes qui font l’essentiel de ce marché ouvert à Seattle depuis 1907.  Les garçons en profitent pour faire une seconde danse de la victoire devant l’entrée de Pine Street. Même s’il c’est un beau marché, venté par tous les guides touristiques, nous en repartons franchement déçus, tant la comparaison est difficile avec les très nombreux marchés asiatiques que nous avons parcourus.

Après avoir dégusté une excellente glace à l’italienne en sortant du marché, nous remontons la 1ère avenue en direction de notre auberge et nous tombons par hasard sur la galerie de Michael Birawer, artiste américain connu pour ses peintures surréalistes de paysages urbains et de leurs habitants. La découverte est agréable et nous passons quelques minutes dans cette galerie.

Pike Place Market – Michael Birawer – www.michaelbirawer.com

La journée a été très belle et c’est le cœur léger que nous chantonnons en rentrant à l’auberge. Le jeune réceptionniste nous accueille tout sourire, c’est lui qui nous avait garanti la veille que le match serait retransmis le matin même dans la salle télé de l’auberge. Il sera le dernier de notre belle journée à Seattle à nous féliciter pour cette victoire et nous le quittons en chantant dans l’escalier pour rejoindre notre chambre.

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? Champions, champions, champions du Monde ?

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